Le point sur les marchés – T1 2025 : Les tensions commerciales pèsent sur les marchés
Les marchés financiers ont connu leur lot de difficultés au premier trimestre de 2025, surtout en raison des enjeux commerciaux.
Les États-Unis ont imposé une taxe supplémentaire, appelée « tarifs douaniers », sur les produits en provenance de plusieurs pays, dont le Canada. Cette décision a suscité de l’inquiétude quant à un éventuel ralentissement de la croissance de l’économie et des entreprises, non seulement au Canada, mais aussi dans le monde entier. Certains pays ont riposté en appliquant leurs propres tarifs douaniers aux produits américains. C’est une situation complexe, mais nous l’analyserons pour vous et évaluerons ce que cela signifie pour l’économie et les marchés financiers. Il y aura certains obstacles à surmonter, mais les marchés pourraient tout de même maintenir une croissance à long terme.
Faits saillants
- Accroissement de la pression des tarifs douaniers
- Les États-Unis ont appliqué des tarifs douaniers (une taxe sur les biens et services importés) auprès de certains pays, dont le Canada qui a répondu avec ses propres contre-tarifs.
- L’activité économique au pays pourrait ralentir en raison de cette situation.
- La Banque du Canada (BdC) porte son attention sur les tarifs douaniers
- La BdC n’est plus préoccupée par l’inflation maintenant que l’économie du Canada est solide.
- Elle a abaissé son taux directeur de 50 points de base (pdb) pour l’établir à 2,75 % afin d’atténuer les effets des tarifs douaniers américains sur l’économie.
- Diminution du taux de l’inflation aux États-Unis.
- Les marchés boursiers nord-américains ont été exposés à une certaine volatilité. Les investisseurs étaient inquiets en raison des tensions commerciales à l’échelle mondiale
- Par contre, les tarifs douaniers pourraient entraîner une hausse des prix.
- Dans ce contexte, la Réserve fédérale américaine (Fed) a choisi de maintenir ses taux directeurs dans une fourchette de 4,25 à 4,50 %.
Les tensions commerciales suscitent des doutes quant à l’économie
Les discussions sur les tarifs douaniers se sont intensifiées avec l’entrée en fonction de la nouvelle administration américaine. Initialement, les tarifs imposés au Canada et au Mexique devaient être de l’ordre de 20 %. Les exportations canadiennes d’énergie bénéficiaient d’une exception, soit des tarifs de 10 %. De plus, des tarifs de 10 % devaient être imposés à la Chine. Les États-Unis ont suspendu les tarifs douaniers sur certains produits en provenance du Canada et du Mexique en raison de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique. Par la suite, les tarifs imposés à la Chine ont doublé.
Les États-Unis ont aussi mis en place des tarifs douaniers de 25 % sur les importations d’aluminium et d’acier. Cette mesure touche tous les pays qui exportent de l’aluminium et/ou de l’acier vers les États-Unis. Plusieurs économies ont répondu avec leurs propres contre-tarifs, tandis que d’autres ont opté pour une approche de négociation avec les États-Unis. Les États-Unis ont également annoncé des droits de douane de rétorsion et des droits de douane sur les automobiles, qui devraient entrer en vigueur au début du mois d'avril.
Le Canada a réagi en imposant des tarifs sur certains produits américains, tout en entamant un dialogue avec les États-Unis pour mettre fin aux tarifs douaniers. Les marchés s’attendent à ce que l’économie canadienne ralentisse en raison des tensions commerciales avec les États-Unis. Ce n’est pas la première fois que l’économie canadienne traverse une période d’incertitude.
Comment les grandes économies s’en sortent-elles?
- L’économie américaine a enregistré une hausse annualisée de 2,4 % au quatrième trimestre (comme annoncé au premier trimestre).
- L’économie chinoise a progressé de 5,4 % sur 12 mois.
- L’économie européenne a stagné (0,0 %).
- L’économie britannique a progressé de 0,1 %.
- L’économie japonaise a gagné 2,2 % en rythme annualisé.
Résultats mitigés sur les marchés boursiers
- Les marchés boursiers internationaux ont progressé, ce qui a favorisé ceux et celles qui investissent dans les actions.
- Les marchés boursiers nord-américains ont été exposés à une certaine volatilité. L’incertitude économique suscite souvent des doutes chez les investisseurs et investisseuses, ce qui contribue aux fluctuations des marchés boursiers.
- Les actions américaines, chinoises et japonaises ont enregistré une baisse.
- Les actions canadiennes, britanniques, européennes, EAEO et des marchés émergents ont gagné du terrain. Investir dans un portefeuille bien diversifié est un bon moyen de traverser les périodes de volatilité.
- Les prix des obligations mondiales ont augmenté et les taux obligataires ont légèrement baissé. Ces derniers ont grandement fluctué en réaction à l’incertitude commerciale et économique. Les obligations produiront un revenu d’intérêt plus élevé quand les taux auront augmenté.
- Les prix des obligations canadiennes ont augmenté parallèlement au recul des taux obligataires. Les deux réductions de taux d’intérêt de la Banque du Canada ont exercé une pression à la baisse sur les taux obligataires.
- Le prix du pétrole a chuté. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a indiqué qu’elle augmenterait la production en avril 2025. La demande de pétrole pourrait ralentir en raison des tensions commerciales qui devraient peser sur l’activité économique.
- Le prix de l’or a atteint un nouveau sommet, les gens estimant que ce métal est une valeur sûre.
Les banques centrales surveillent de près les tensions commerciales
Certaines banques centrales continuent d’abaisser les taux d’intérêt, alors que d’autres les gardent inchangés ou les augmentent. Mais elles analysent toutes très attentivement l’impact des enjeux commerciaux mondiaux.
- La Banque du Canada a abaissé son taux directeur de 50 pb, pour le porter à 2,75 %.
- La Fed a maintenu son taux directeur dans une fourchette de 4,25 à 4,50 %.
- La Banque centrale européenne a abaissé son taux de 50 pb.
- La Banque d’Angleterre a réduit son taux directeur à 4,50 %.
- La Banque du Japon a relevé son taux directeur de 25 pb, pour le porter à 0,50 %.
- La Banque populaire de Chine a laissé son taux inchangé.
Comment va l’économie canadienne?
L’économie canadienne s’est renforcée vers la fin de 2024, soutenue par la baisse des taux d’intérêt. Toutefois, la vigueur de l’économie inquiète désormais les marchés.
- L’économie canadienne a progressé de 2,6 % en rythme annualisé au quatrième trimestre.
- La croissance a été principalement tirée par la vigueur des dépenses de consommation. La baisse des taux d’intérêt a contribué à ces dépenses. L’économie canadienne a aussi profité de solides exportations.
- Le taux de chômage au Canada s’est établi à 6,6 % en février. L’économie a créé des emplois au cours du trimestre. La Banque du Canada a abaissé les taux d’intérêt en partie en raison de l’amélioration du marché du travail.
- Les actions canadiennes ont atteint un nouveau sommet au début du trimestre, elles ont terminé le trimestre en légère hausse. Les secteurs des matériaux et des services publics ont été les secteurs les plus performants. Les secteurs de la santé et des technologies de l'information ont affiché les rendements les plus faibles.
- Le taux de l’obligation du gouvernement du Canada à 10 ans a reculé.
À quoi peut-on s’attendre?
| Facteur | Perspectives |
|---|---|
| Produit intérieur brut (PIB) du Canada | La croissance du PIB pourrait ralentir au cours des prochains trimestres, les tarifs douaniers pesant sur les activités commerciales et celles des entreprises. Les échanges commerciaux sont un élément clé de l’économie canadienne, et tout recul pourrait avoir une incidence sur la conjoncture économique. |
| Dollar canadien | La poursuite de la réduction des taux d’intérêt par la Banque du Canada a exercé une pression à la baisse sur le dollar canadien. Les marchés s’attendent à ce que la Fed s’abstienne de bouger ses taux pendant la majeure partie de 2025. Les tarifs douaniers et la possibilité d’un ralentissement de l’économie pourraient encore faire baisser le dollar canadien. |
| Taux d’inflation aux États-Unis | Le taux d’inflation demeure élevé aux États-Unis, ce qui a empêché la Fed de réduire ses taux jusqu’à présent en 2025. Les tarifs douaniers appliqués à une vaste gamme de produits en provenance d’autres pays pourraient faire monter les prix et, par le fait même, l’inflation. |
| Taux d’intérêt au Canada | Au premier trimestre de 2025, la Banque du Canada a modifié son processus décisionnel pour porter son attention sur les tarifs douaniers plutôt que l’inflation. Elle pourrait encore abaisser les taux d’intérêt si l’économie a besoin de soutien. Toutefois, la Banque du Canada a déclaré qu’il y a des limites à ce qu’elle peut faire avec la politique monétaire pour compenser les effets négatifs des tarifs. |
| Tarifs douaniers | Les tarifs douaniers ont dominé les gros titres au cours du premier trimestre de 2025. Certains pays ont aussi appliqué leurs propres tarifs aux produits américains. En parallèle, les perturbations commerciales pourraient avoir une incidence sur l’activité économique mondiale. |
| Prix du pétrole | L’OPEP augmentera la production en avril. La demande mondiale de pétrole pourrait faiblir si les tarifs persistent et si l’activité économique mondiale ralentit. Ces facteurs pourraient faire baisser le prix du pétrole. |
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